Les documents présentés ci-dessous sont en lien avec l’article du même titre, accessible ici.
Paul Viollet est l’auteur en 1884-1886 d’un Précis de l’histoire du droit français, accompagné de notions de droit canonique et d’indications bibliographiques (deux fascicules publiés en un ou deux volumes), qui connaît trois éditions successives. Il publie aussi une Histoire des institutions politiques et administratives de la France (en trois volumes) en 1890, également rééditée plusieurs fois.
C’est sur ces manuels que se penche Anne-Sophie Chambost, sur leurs particularités de conception et d’élaboration. Les documents rassemblés ici sont liés à deux points de son argumentation : les liens entre les cours dispensés par Paul Viollet à l’École des chartes et ses manuels d’une part, l’idée de la bibliothèque de la Faculté de droit comme lieu d’élaboration des manuels d’autre part.
Des liens étroits entre le cours et les manuels.
Cette première série de documents présente une édition de chacun des manuels de Paul Viollet. De plus, les brouillons d’un certain nombre de leçons ayant été conservés (ils sont désormais aux Archives nationales), nous en proposons ici un : la leçon sur le mariage, en 35 feuillets.






Cours manuscrits d’histoire du droit civil, par Paul Viollet : « Leçon 17 », le mariage.
La bibliothèque comme lieu d’élaboration.
Dans cette seconde galerie, pas de textes à consulter, mais une présentation des différents outils qui gardent la trace du travail de Paul Viollet, comme bibliothécaire/auteur.

Dans plusieurs nécrologies consacrées à Paul Viollet, les auteurs reviennent sur la présence, dans le cabinet du bibliothécaire, d’un catalogue, réalisé par lui, de fiches d’érudition, classées alphabétiquement par thèmes. Ils en soulignent la richesse, et précisent que Viollet s’en servait presque systématiquement pour appuyer ses arguments lors de discussions qu’il avait en ces lieux. L’ensemble est désormais conservé aux Archives nationales, en voici donc un exemple, avec un des casiers regroupant la lettre C, dans lequel on distingue une première fiche sur le Châtelet, institution à laquelle il avait prévu de s’attacher dans le chapitre 4 du volume consacré aux « grands corps judiciaires » de l’Histoire des institutions politiques et administratives de la France, manuscrit resté non-publié (cf. la galerie « Le professeur et l’historien du droit »).

Autre outil utilisé par Anne-Sophie Chambost pour tenter d’appréhender le travail de Paul Viollet, les registres d’entrée de la bibliothèque de la Faculté de droit. Tout ouvrage qui intégrait les collections de la bibliothèque, par achat ou par don, était enregistré dans ces volumes. Ils sont aujourd’hui conservés avec les collections patrimoniales de la bibliothèque Cujas. On peut encore y lire les orientations successives données aux acquisitions, les intérêts soudains pour tel ou tel sujet, la production de tel ou tel pays. La page présentée ici montre les entrées de mai 1883.

Dernier instrument de travail de Paul Viollet et des employés de la bibliothèque sur lequel s'est penchée Anne-Sophie Chambost, les registres individuels de prêts des professeurs.
Listés comme une obligation dans l'Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires du 4 mai 1878, ils sont mis en place à la bibliothèque de la Faculté de droit à partir du début des années 1880. Une petite quarantaine de ces registres est désormais conservée dans les archives de la bibliothèque Cujas. Le chercheur peut y trouver la trace des documents utilisés par tel ou tel professeur à telle ou telle période.